Le développement social dans la Ville d’Esch-sur-Alzette
Les changements sociaux dans nos sociétés, qui doivent faire face à une précarisation durable de l’emploi, à la fragmentation des espaces de socialisation et à la réalité d’une crise identitaire..., entraînent une inévitable adaptation des politiques sociales et une réflexion sur le rapport à des publics plus nombreux et aux attentes nouvelles. La politique sociale ne peut plus uniquement être réactive et le travail social plus uniquement réparateur.
Résumons schématiquement la différence entrles deux conceptuions du travail social, d'une part le travail social réactif et d'autre part le développement social:
| Travail social 'réparateur' |
Développement social |
| Société divisée en un bloc homogène et un bloc à la périphérie. |
La question sociale est marginale. La question sociale devient centrale : on est tous concernés par un processus d’exclusion. |
| Aux problèmes sont apportés des réponses individuelles, ce qui a entraîne un essor de la psychologie. |
Donc, la question sociale concerne tout le monde et par conséquent doit concerner toutes les politiques= > démarche intégrée (mainsteaming). |
| La question sociale est marginale. |
Les actions portent plus sur l’environnement (territoire) que sur la personne. |
Face à ces constats la politique sociale va devoir adapter ses réponses à l’évolution des besoins sociaux engendrée par les crises de l’emploi et du lien social, mais va aussi devoir prendre de plus en plus souvent le relais des solidarités primaires défaillantes. En 1993 déjà, B. Fragonnard concluait dans un rapport édité à la Documentation Française « … une politique sociale ambitieuse… ne peut se contenter de la réparation, ni de la seule intervention monétaire. »
Le développement social est une aspiration volontariste à la reconstruction du lien social : il s’agit de s’appuyer sur l’ensemble des forces vives d’un territoire pour renforcer la cohésion sociale. Alors que la logique des dispositifs est descendante (du politique vers l’usager, sans implication de ce dernier), on tente de privilégier une logique ascendante où les usagers, acteurs et habitants nourrissent les choix politiques, notamment à travers l'analyse des besoins sociaux.
En matière de développement social, le territoire d’intervention idéal n’existe pas. Le territoire peut être aussi restreint que la cage d’escalier d’un immeuble locatif ou le territoire communal. Le territoire idéal sera en effet façonné par la problématique qu’on décide de traiter prioritairement, ainsi que par le projet à mettre en œuvre. Il faut avant tout privilégier l’adéquation avec les réalités sociologiques et exprimer une dynamique d’action de proximité. La réalisation annuelle d’une analyse des besoins sociaux, avec la participation des populations concernées, nous aidera à définir des territoires d’action pertinents.
Le Comité Local d’Action Sociale (CLAS)
Assises sociales